"Le travail de Paul Cottet-Dumoulin part de ce que l’on connaît déjà dans une langue qu’on a pas encore apprise.

Piochant son vocabulaire plastique dans les formes et matières qui font notre environnement urbain contemporain, il en propose une relecture entre absurde, poésie et prospective.

Ainsi, les débris des chantiers rennais retrouvent une seconde jeunesse en guise de modèle réduit d’une ville en voie d’extinction (Rue Jean-Marie Duhamel, 2018 / La Douillerie, 2018), la fragilité toute paradoxale de l’âme d’un bâtiment vient s’imprimer littéralement dans le plâtre (Hôtel Pasteur, préserver l’invisible, 2018), et quand on croit faire face à deux poutres massives, symboles de notre confiance de bâtisseurs, on s’apprête en fait à entendre comment tout pourrait s’effondrer, ou se métamorphoser, avant même qu’on l’ait vu venir (Peut-être sur terre/ Peut-être dans le futur, 2018). Ici le feu est une simple texture, le béton peut bouger tout seul et les murs de brique ne font pas plus barrière à l’extérieur que la surface d’un verre de lait.

Entre un travail d’architecte de la ruine et celui d’un archiviste mythomane, Paul Cottet-Dumoulin nous rappelle que la stabilité n’est qu’un spiritisme comme un autre. "

Arthur kuhn, curateur du Collectif 8H30


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